Les ondes millimétriques occupent une place privilégiée dans notre vie. Elles ont aussi permis d’améliorer notre sécurité à l’intérieur de nos habitations (détecteur et alarme 0,8 GHz) comme à l’extérieur (balise ARGOS 0,4 GHz, système anti-collision 24 à 79 GHz).Le scanner corporel est la dernière application en date.Curieusement son emploi excite les esprits. Existe-t-il une raison à cela ?
Ses valeurs de densité surfacique de puissance observé à 1 cm recueillis lors de trois tests réalisés par trois entreprises indépendantes donnent pour résultat : 347, 640 et 59,7 μW/m2 (microwhat par mètre carré). Elles sont nettement inférieures aux prescriptions du décret n° 2002-775 qui stipule que pour les fréquences considérées, la densité de puissance surfacique moyennée sur une durée de 2 minutes doit être inférieure à 10 W/m2 (What par mètre carré). Par comparaison, la puissance émise par le portique Provision 100 est 100000 fois plus faible que celle d'un téléphone mobile (347, 640 et 59,7 μW/m2 versus 375 W/m2).
La technologie attachée au scanner corporel ne fait pas appel aux rayons ionisants : rayons X, gamma ou ultraviolets (2) mais aux ondes millimétriques. Elles ont pour avantage de ne pas traverser les tissus au-delà d’une certaine profondeur par comparaison aux autres rayons dits ionisants. Elles sont néanmoins potentiellement nocifs pour un organisme vivant comme l’atteste les expérimentations faites en laboratoire dans la mesure ou le temps d'exposition est démesuré et la densité surfacique de puissance élevée. Des conditions sans rapport avec les paramètres d'utilisation du scanner corporel. En résumé, Les altérations cellulaires (expression génomique) et microvasculaires mises en évidence dans les études ressemblent à peu de chose près à celles observées lors d’une exposition à une forte chaleur environnementale (+ 42-43 °C ). Un mal qui n'effraie en aucun cas les vacanciers plagistes ! Bien au contraire...
Le signal radiofréquence du scanner corporel à ondes « millimétriques » Provision 100 ne pénètre a priori pas au-delà de 1,12 mm (sur une peau humide ou sèche), 0,98 mm pour la rétine et 0,93 mm pour les testicules.Ce qui correspond à la zone jouxtant les tissus adipeux sous-cutanés de la peau. Le tissu mammaire glandulaire, la thyroïde et les testicules sont a priori épargnés.
Le temps d'exposition d'un salarié à plein temps d'un aéroport a été évalué à 18 h pendant toute la période de son parcours professionnel. Un temps somme toute très faible.
La chaleur est le deuxième paramètre à prendre en compte. L’augmentation de chaleur observée à la suite d’une exposition au Provision 100 ne dépasse guère 0,1 °C pour 1,8 secondes. Elle ne risque donc pas d’induire de réchauffement préjudiciable à la santé. Il en est de même au niveau du boitier d’un pacemaker ou d’un défibrillateur.
Il sera toujours possible d’opter pour la fouille corporelle.
Pour satisfaire les esprits les plus critiques, l’utilisation du scanner corporel n’en restera pas moins soumis à des contrôles réguliers. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un recueil des éventuels effets indésirables est prévu sur chaque site d’exploitation.
Malgré un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset d’octobre 2009) rassurant, ce même rapport de l’Afsset conclut que si aucun effet biologique n’a encore été démontré à ce jour, les effets sanitaires potentiels des radiofréquences ne permettent pas d’exclure de façon certaine un risque à long terme ou une susceptibilité individuelle particulière. Une mise en garde basée sur l'application du principe de précaution est donc de mise . Elle n’est pas nouvelle. Elle existe depuis la découverte de l’électromagnétisme !
Ce principe ne doit pas nous aveugler et nous faire oublier l’objectif sécuritaire attaché à l’utilisation du scanner corporel !
Scanner corporel ou fouille au corps ?
La fouille au corps semble beaucoup plus mal accepté par les voyageurs que l’affichage sur une console d’une image «androïde» de leur corps.
Précautions d'usage :
Fermer les paupières.
quitter l’appareil en cas de chaleur perçue anormale.
Autres alternatives ?
Le scanner corporel à rayons X «Backscatter». Si l’irradiation reste très faible, elle n’en demeure pas moins réelle. Cette technique ne suit donc pas le principe de justification en radioprotection qui veut que l’on évite toute dose inutile, aussi faible soit-elle.
Ne reste que la fouille au corps !