L’intérêt d’une vaccination anti-grippale annuelle n’est plus à démontrer. Elle est particulièrement recommandée chez les seniors et chez les voyageurs qu’ils soient occasionnels ou globe-trotters.
La vaccination anti-grippale reconduite d’année en année, sans faillir, a probablement l’avantage d’améliorer l’immunité de la personne vaccinée vis-à-vis de tous les virus grippaux habituels qui circulent dans le monde (expérience personnelle de l’auteur racontée dans un livre à paraître !).
Ce détail a peut-être son importance pour les voyageurs qui passent d’un hémisphère à l’autre aux “époques” où la grippe sévit.
La notion d’épidémie “médiatisée” attachée à la grippe est source de déconvenue car il faut savoir que les virus circulent toute l’année partout dans le monde, même sous les tropiques.
Pour quelles raisons les opposants à la vaccination la rejettent-ils à tort
Les opposants avancent comme principal argument la nature changeante du virus à chaque saison ! Cette “mutation” explique la raison pour laquelle le virus grippal est très étroitement surveillé. Il est prélevé régulièrement tout au long de son parcours terrestre et pendant toute l’année par les médecins sentinelles. Une telle surveillance permet aux virologues de proposer un vaccin adaptée. Seule une cassure antigénique profonde du virus grippal ou l’apparition d’un nouveau virus comme le virus aviaire rendrait inefficace la vaccination anti-grippale alors programmée et casserait cette possible “résistance acquise”. On parlerait alors, non plus d’épidémie, mais de pandémie. L’avant-dernière remonte à plus de 45 ans. Curieusement, elle ne s’est plus signalée depuis l’introduction des premières campagnes de vaccination dans les pays à fort potentiel médical et cela jusqu’en 2009 ! Son impact et ses controverses qu’elle a suscité en France montrent à quel point ses mécanismes restent encore bien incompris. En l’absence d’étude, il est donc difficile de connaître l’impact d’un nouveau virus sur les populations habituellement vaccinées même si on suppose qu’il sera identique à la population non vaccinée... Finalement, la population âgée n’a été que très partiellement touchée. Sa rencontre avec le virus A(H1N1) ou leur vaccination dans les années 60-70 les a, semble-t-il, sufisamment immunisés pour qu’ils y échappent. C’est pourquoi, nous devons continuer à nous préparer contre les risques d’une nouvelle pandémie et poursuivre notre vaccination annuelle contre les virus gripaux ! Retenez tout de même un détail intéressant : le vaccin protège contre trois virus, deux A et un B. Chaque année, une saison grippale comporte deux épidémies de grippe l’une A et l’autre B. Elles peuvent se déclarer simultanément ou l’une après l’autre avec un décalage plus ou moins long (jusqu’au mois de mai !).
Avertissement : Il faut toujours garder à l‘esprit qu’une vaccination n’empêche pas la maladie (une autre raison avancée par les opposants) mais évite d’en subir les effets les plus incapacitants et les complications qui peuvent aboutir à l'extrême au décès.
Cette confusion, légitime pour un non-initié, explique que certains vaccinés rapportent à leur médecin l’histoire d’une “mauvaise grippe” à la suite d'une vaccination. L’absence de séquelles graves et le simple fait de pouvoir encore raconter à leur entourage l’épisode fâcheux donne un avantage certain à la vaccination!
Un vacciné grippé encore debout vaut mieux qu’un grippé non-vacciné toujours couché sept jours durant (observation de l’auteur)… Or l’alitement nuit et jour est une position inhabituelle au cours d’un voyage. Elle est même incompatible !
De même, certains sujets signalent des signes d’intolérance comme une tout aussi “mauvaise grippe” dans les jours suivant leur vaccination anti-grippale. Votre médecin devra alors s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une vaccination trop tardive en plein pic épidémique.