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PATHOLOGIES PULMONAIRES et POUMONS
Évaluer sa fonction respiratoire est important si l’on veut confirmer son aptitude physique et sa tolérance à l’effort au sol comme en altitude.
Généralités : Quelques explications concernant la physiologie respiratoire des seniors.
Pour quelle raison faut-il donner de l'oxygène lors d'un malaise en avion ? La correction de l'hypoxie ne peut se faire qu'en apportant de l'oxygène. Seule la mise en jeu des sommets peu ventilées par une respiration ample améliore l'hématose. Cela reste néanmoins insuffisant en cas de malaise...
Comment évaluer sa saturation en oxygène ? Le déterminant principal de la PaO2 en vol est le niveau de PaO2 au sol.
 
PATHOLOGIES RESPIRATOIRES et CLINIQUE
La dyspnée ou essoufflement et la toux sont les deux signes cliniques qui conditionnent votre aptitude sur le plan pulmonaire.
 
RECOMMANDATIONS ACTUELLES pour les PASSAGERS à RISQUE d'INSUFFISANCE RESPIRATOIRE lors d'un VOYAGE en AVION : Conférence d’experts. Voyage aérien et maladies respiratoires (à l’exclusion de la pathologie infectieuse). Rev Mal Respir, 2007; 24/4S7-4S68.
 
SENIOR et PRATIQUE AÉRONAUTIQUE Concerne les patients entrant dans le cadre F des recommandations .En pratique, l’idéal est bien d’avoir une SpO2 au sol supérieure ou égale à 96%.
 
RECOMMANDATIONS IMPÉRATIVES en PRATIQUE AÉRONAUTIQUE : Conférence d’experts. Voyage aérien et maladies respiratoires (à l’exclusion de la pathologie infectieuse). Rev Mal Respir, 2007; 24/4S7-4S68.
Quelques conseils incontournables pour les passagers oxygéno-dépendants ou souffrant de pathologies respiratoires : BPCO, asthme etc.
 
MALADIES RESPIRATOIRES à FORTE PRÉVALENCE chez le SENIOR
Énumère les affections pulmonaires susceptibles de s'aggraver en vol et pouvant nécessiter une prise en charge particulière : oxygène, chaise roulante ...
 
CONDUITES À TENIR en cas d'AFFECTIONS RESPIRATOIRES
En cas d’infection broncho-pulmonaire
En cas d'Hypertension Artérielle Pulmonaire (HTAP) : mention spéciale pour les patients traités par médiator® ou isoméride®
En cas de surpoids
En cas de prise de  médicaments psychotropes : somnifères, neuroleptiques, anxiolytiques ...
 
INTÉRÊT de MESURER la SpO2
Est-ce vraiment nécessaire ?
 
CONCLUSION
Prudence chez les patients aptes sur le plan pulmonaire mais souffrant d'une pathologie cardio-vasculaire chronique ou récente.
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RECOMMANDATIONS ACTUELLES pour les PASSAGERS
à RISQUE D'INSUFFISANCE RESPIRATOIRE lors d'un VOYAGE en AVION
 
Conférence d’experts. Voyage aérien et maladies respiratoires (à l’exclusion de la pathologie infectieuse). Rev Mal Respir, 2007; 24/4S7-4S68.
 
Elles sous-entendent de pouvoir se référer à une épreuve fonctionnelle respiratoire (EFR), examen indispensable devant toute pathologie pulmonaire. Parlez en à votre médecin.
 
Idéalement l’évaluation du risque hypoxique doit être réalisée dans les quatre mois précédent le voyage aérien lorsque le futur voyageur est en état stable. Si le voyage est planifié dans les deux mois suivant un épisode respiratoire aigu, l’évaluation du risque hypoxique doit être effectuée aussi près que possible du départ planifié [avis d’experts].
 
NB : < signifie strictement inférieur à, ≥ signifie supérieur ou égal à, > signifie strictement supérieur à.
 
Les catégories de patients suivantes doivent faire l’objet d’une évaluation préalable du risque d’hypoxie en vol :
 
A. Patients présentant un trouble ventilatoire obstructif chronique et
 
1. Un VEMS < 50 % des valeurs prédites [niveau C] ou une intolérance à l’exercice (dyspnée sévère après 50 mètres sur terrain plat) [avis d’experts] : une mesure de la SpO2 est recommandée dans un premier temps ; si SpO2 ≥ 95 %, le voyage aérien est autorisé sans supplément d’oxygène [niveau C] ; si SpO2 < 95 % (confirmée par ponction artérielle montrant une SaO2 mesurée < 95 %), la réalisation d’un test en hypoxie est recommandée [niveau C].
 
2. Un VEMS < 1 litre ou une hypercapnie connue (PaCO2 > 45 mmHg) : un test en hypoxie est recommandé d’emblée [niveau C].
 
B. Patients présentant un trouble ventilatoire restrictif et
 
1. Une CV ≥ 50 % des valeurs prédites [niveau C] : une mesure de la SpO2 est recommandée dans un premier temps ; si SpO2 ≥ 95 %, le voyage aérien est autorisé sans supplément d’oxygène [avis d’experts] ; si SpO2 < 95 % (confirmée par ponction artérielle montrant une SaO2 mesurée < 95 %), la réalisation d’un test en hypoxie (voir Recommandation 6) [avis d’experts].
 
2. Une CV < 50 % des valeurs prédites ou une hypercapnie (PaCO2 > 45 mmHg) : un test en hypoxie est recommandé d’emblée [avis d’experts].
 
C. Patients souffrant d’hypertension artérielle pulmonaire
 
1. Classe fonctionnelle OMS I : voyage autorisé sous réserve des investigations à réaliser en fonction de l’affection sous-jacente [avis d’experts].
 
2. Classes fonctionnelles OMS II et III : une mesure de la SpO2 est recommandée dans un premier temps ; si SpO2 ≥ 95 %, le voyage aérien est autorisé sans supplément d’oxygène [avis d’experts] ; si SpO2 < 95 % (confirmée par ponction artérielle montrant une SaO2 mesurée < 95 %), la réalisation d’un test en hypoxie est recommandée [avis d’experts].
 
3. Classe fonctionnelle OMS IV : Voyage aérien contre-indiqué. [avis d’experts].
 
D. Patients présentant une intolérance respiratoire importante à l’exercice (dyspnée invalidante après une marche de 50 mètres sur terrain plat).
 
Une consultation médicale est recommandée afin d’évaluer si la cause de l’intolérance à l’exercice est une cause respiratoire rentrant dans le cadre des recommandations précédentes [avis d’experts].
 
E. Patients ayant présenté des symptômes d’origine cardio-vasculaire ou respiratoire au cours d’un voyage aérien antérieur (douleurs thoraciques, syncope, dyspnée). [avis d’experts].
 
Une consultation médicale est recommandée afin d’évaluer la responsabilité de l’hypoxie dans l’apparition de ces symptômes [avis d’experts]. Une évaluation fonctionnelle respiratoire est conseillée [avis d’experts]. Une mesure de la SpO2 est recommandée ; si SpO2 ≥ 95 % le voyage aérien est autorisé sans supplément d’oxygène [avis d’experts] ; si SpO2 < 95 % (confirmée par ponction artérielle montrant une SaO2 mesurée < 95 %), la réalisation d’un test en hypoxie est recommandée [avis d’experts].
 
F. Patients âgés de plus de 70 ans souffrant d’une maladie respiratoire associée à un trouble ventilatoire obstructif chronique (VEMS > 50 % des valeurs prédites) ou d’une maladie cardiovasculaire (maladie coronarienne, insuffisance cardiaque, maladie cérébrovasculaire) [avis d’experts].
 
Une mesure de la SpO2 est recommandée ; si SpO2 ≥ 92 % le voyage aérien est autorisé sans supplément d’oxygène [avis d’experts] ; si SpO2 < 92 % (confirmée par ponction artérielle montrant une SaO2 mesurée < 92 %), la réalisation d’un test en hypoxie est recommandée (voir Recommandation 6) [avis d’experts].
PATHOLOGIES PULMONAIRES
et POUMONS
 
Évaluer sa fonction respiratoire est important si l’on veut confirmer son aptitude physique et sa tolérance à l’effort au sol comme en altitude.
 
Généralités : Ce qu’il faut comprendre
 
Le vieillissement  retentit sur la fonction respiratoire : Les réponses ventilatoires à l’hypoxie et à l’hypercapnie ainsi que le réflexe tussigène diminuent avec l’âge. Le senior ressent donc moins la gène respiratoire. Et la toux, si elle existe, est volontiers inefficace. De plus, il a tendance à banaliser son essoufflement.
 
La PaO2 ou pression partielle en oxygène du sang circulant ou quantité d’oxygène dissoute dans le sang  diminue jusqu’à soixante-dix ans puis devient indépendante de l’âge. “L’hypoxémie théorique” du sujet vieillissant ne s’accompagne d’aucune manifestation respiratoire dans des conditions normales de vie. L’hypoxémie “maladie”, reflet d’une PaO2 sanguine abaissée, s’accompagne d’une hyperventilation compensatrice. Il ne faut donc pas mettre son essoufflement ou l’augmentation de sa fréquence ventilatoire sur le compte de l’âge mais plutôt s’escrimer à rechercher une pathologie pulmonaire. Le vieillissement n’explique donc pas tout !
 
Le niveau d’hypoxémie à éviter à tout prix en vol correspondrait à une PaO2 inférieure à 50 mm Hg. Or 40 % des seniors de plus de 65 ans auraient une PaO2 inférieure à 50 mm Hg en vol selon une analyse théorique ! L’Aerospace Medical Association recommande même d’avoir une PaO2 supérieure à 55 mm Hg pour éviter tout risque d’accident hypoxique. Mais dans la réalité, la plus grande majorité des seniors, après 65 ans, voyagent en avion sans éprouver aucun symptôme. Si les recommandations paraissent dès lors trop strictes, il reste néanmoins conseillé à tout sujet présentant une dyspnée après un test de marche de 50 mètres ou souffrant d’une pathologie respiratoire ou cardiaque influencée par l’hypoxémie (insuffisance cardiaque, maladie coronaire, maladie cérébro-vasculaire) d’évaluer son risque  “hypoxique” chez son médecin.
 
Pour quelle raison faut-il donner de l'oxygène lors d'un malaise en avion ?
 
Si l’augmentation de la fréquence respiratoire corrige l’hypercapnie (dans la mesure où les échanges gazeux au niveau de l’alvéole pulmonaire restent efficients), elle ne corrige pas pour autant l’hypoxémie. Pour corriger l’hypoxémie il faut nécessairement apporter de l’oxygène. Ainsi l’hypoxie d’altitude rencontrée en avion ne peut se corriger qu’en délivrant de l’oxygène au passager hypoxique.
 
Comment évaluer sa saturation en oxygène ?
 
Le déterminant principal de la PaO2 en vol est le niveau de PaO2 au sol. Il est donc intéressant d’évaluer sa saturation en oxygène SaO2 avec un oxymètre de pouls (SpO2) pour décider de la conduite à tenir.
 
Il faut savoir cependant qu'un écart de plus ou moins quatre pour cent peut exister entre la SaO2 et la SpO2 donnée par l’oxymètre de pouls. L’écart n'est d’ailleurs ni prévisible ni constant pour un patient donné d’après les études cliniques. C’est pourquoi un seuil de SpO2 au moins égal à 94 % doit être respecté pour détecter toutes les SaO2 inférieures à 90 % d’autant plus qu’à l’altitude de croisière d’un avion de ligne, la SpO2 mesurée diminue d’environ de 2% par rapport à la mesure au sol dans des conditions normales d’utilisation. Or il faut savoir qu’une SaO2 de 90% au sol correspond par une équation remarquable à une PaO2 de 60 mm Hg.  La condition d’une PaO2 supérieure à 50 voire 55 mm Hg est dès lors remplie. Mais qu’en est-il réellement en vol ? En dehors de la valeur de SaO2 de 90% au sol, la PaO2 ne peut être déterminée que par la mesure des gaz du sang artériel.
MALADIES RESPIRATOIRES à FORTE PRÉVALENCE chez le SENIOR
 
La bronchopathie chronique obstructive ou BPCO (tabagique ou non)
L’asthme ( 6 à 10% après 60 ans)
Les affections de l’arbre trachéo-bronchique. (Dilatation des bronches ou DDB)
 
Si vous présentez une de ces maladies, vous devez vous considérer comme un passager à risque “hypoxique” : L’évaluation de votre fonction respiratoire par une EFR est pour ainsi dire incontournable.
 
Les autres maladies prévalentes chez le senior retentissant sur la fonction respiratoire :
 
Le Syndrome d’Apnées du Sommeil ou SAS
La maladie de Parkinson
Les séquelles d’accident vasculaire cérébral
Les séquelles  d’affections pulmonaires : Embolie pulmonaire, pneumothorax, cancer et blessure...
Les séquelles d’affections pleurales : (pachypleurite et pleurésie).
Les séquelles d’affections osseuses : déformation post-traumatique ou rachidienne antérieure (cyphose ou cypho-scoliose), fracture-tassement ostéoporotique rachidienne ou costale, la camptocormie.
Les séquelles  d’affections neuro-musculaires. Les troubles de la déglutition.
La dénutrition protéino-énergétique et ses conséquences sur la masse musculaire.
Le reflux gastro-oesophagien associé ou non  à la classique hernie hiatale, etc.
 
Si vous présentez une voire plusieurs maladies dans cette énumération non exhaustive, votre médecin traitant devra évaluer :
Votre saturation en oxygène du sang circulant à l’aide d’un oxymètre de pouls (ou saturomètre).
Votre éventuel essoufflement après un test de marche de 6 minutes ou de 50 mètres en l’absence des contre-indications reconnues. Lire le paragraphe : Évaluation de la fréquence cardiaque, de la tolérance à l’effort, périmètre et tests de marche à la page Auto-examen.
Toute gêne ou arrêt avant les cinquante mètres ou une distance parcourue inférieure aux normes reconnues a valeur d’alerte et nécessite un avis spécialisé.
 
En l’absence d’appareil de mesure au cabinet ou devant toute dyspnée quelle que soit son origine, une consultation spécialisée est vivement recommandée.
RECOMMANDATIONS IMPÉRATIVES
en PRATIQUE AÉRONAUTIQUE
 
Conférence d’experts. Voyage aérien et maladies respiratoires (à l’exclusion de la pathologie infectieuse). Rev Mal Respir, 2007; 24/4S7-4S68.
 
Un passager qui voyage sous oxygène doit effectuer ses déplacements dans l'avion sous oxygène. Tout déplacement sans oxygène doit être signalé au personnel navigant. Le risque de syncope hypoxique au cours du déplacement est trop important en l’absence d’apport d’oxygène. Demander une bouteille portative au chef de cabine si votre bouteille pour le vol est fixée au plancher. Le personnel de cabine est formé à la prise en charge des passagers sous oxygène.
 
Tout voyageur qui présenterait une pathologie pulmonaire obstructive voire une BPCO doit avoir dans son bagage à main son bronchodilatateur avec l’ordonnance de prescription (si possible traduite en anglais). Son bronchodilatateur doit être à portée de main et non rangé dans le rac pendant toutes les phases du vol.
 
Note : Si vous devez utiliser un bronchodilatateur, les sprays ou les dispositifs à poudre sont à privilégier en première intention. Une chambre d’inhalation peut être utile. Les appareils à aérosols ne sont pas recommandés pour des raisons d’ordre à la fois pratique et sécuritaire.
 
Tout passager « patient » habituellement sous oxygène de longue durée même en discontinue doit voyager en avion sous oxygène à débit continu.
Si l’oxygénothérapie à domicile est prescrite à un débit supérieur ou égal à 4 litres par minute, il est indispensable de réaliser un test d’hypoxie sous le débit habituellement délivré pour évaluer la PaO2 pendant un vol.
 
Les passagers « patients » recevant une quantité d’oxygène inférieure ou égale à 1 litre par minute doivent recevoir un débit de 2 litres par minutes pendant le vol. Au-delà d’un litre et jusqu’à 3 litres par minute d’apport au domicile, un débit de 4 litres par minute doit être choisi pour ces passagers. Un test d’hypoxie est à réaliser au moindre doute. Parlez-en à votre médecin !
CONDUITES À TENIR
en cas d'AFFECTIONS RESPIRATOIRES 
 
En cas d’infection broncho-pulmonaire précédant le départ : Il est évident que la survenue d’une bronchite aiguë dans les jours précédents le vol hypothèque sérieusement un départ en avion. Elle impose dans tous les cas une évaluation de la fonction respiratoire même chez les sujets ayant habituellement 96 % (et plus) de SpO2 au sol.
 
Il est donc important devant toute pathologie pulmonaire ou cardio-vasculaire chronique de connaître le VEMS et la SpO2 pour décider de la conduite à tenir. Parlez-en à votre médecin.
 
En cas d'Hypertension Artérielle Pulmonaire (HTAP) 
Les personnes atteintes d’Hypertension Artérielle Pulmonaire (HTAP) ne peuvent voyager en avion qu’après avoir obtenu l’autorisation de leur médecin traitant. Ce dernier se référera aux avis donnés par les différents spécialistes (cardiologue et pneumologue). Les patients traités par isoméride® ou médiator® doivent vérifier auprès de leur médecin traitant leur risque potentiel vis-à-vis d'une éventuelle HTAP développée suite à la prise de ces deux médicaments.
 
En cas de surpoids :
 
Notons qu’en l’absence de toute pathologie cardiaque ou pulmonaire, le surpoids peut être à lui seul responsable d’un essoufflement. Mais il est très rare que ce surpoids ne soit pas associé à une maladie cardiaque et/ou pulmonaire chez le senior. L’obésité prédispose au Syndrome d’Apnées du Sommeil. Aussi Prudence ! Une évaluation de votre fonction cardiaque ou respiratoire est recommandée. Parlez-en à votre médecin.
 
En cas de prise de  médicaments psychotropes somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs neuroleptiques, etc :
Les médicaments ont parfois des effets délétères sur la fonction respiratoire. C’est le cas des somnifères et autres tranquillisants. Or toute personne qui souffre d’insuffisance respiratoire chronique ou d’un syndrome d’apnée du sommeil va subir les effets négatifs de ces classes médicamenteuses. Il est donc conseillé de discuter avec son médecin traitant de l’opportunité de poursuivre au long cours un tel traitement. L’enregistrement polysomnographique du sommeil devrait être une étape obligée à la prise en charge d’un trouble du sommeil. Son intérêt est triple : évaluer la qualité du sommeil, dépister les syndromes d’apnée du sommeil et apprécier une éventuelle composante dépressive associée. Les tranquillisants, anxiolytiques et autres somnifères ne sont pas l’unique réponse thérapeutique au traitement de la dépression.
Autre conseil : ne jamais poursuivre la prise de somnifère ou autre anxiolytique prescrit lors d’un séjour à l’hôpital si vous ne présentiez aucun trouble du sommeil avant l’hospitalisation. Dans tous les cas, il n’est jamais trop tard pour débuter un sevrage en suivant les conseils de votre médecin.
INTÉRÊT de MESURER la SpO2
 
Concernant les seniors, le seuil de SpO2 ≥ 92 % donné au chapitre F de la conférence d'experts, seuil qui autorise un voyage aérien sans supplément d’oxygène  parait un peu trop optimiste en l'absence de EFR  (épreuve Fonctionnelle Respiratoire).
Par expérience, une SpO2 < 95 % trouvée à l’examen sans notion de EFR récente impose de vérifier par l’interrogatoire l’absence de toute pathologie pulmonaire et plus particulièrement d’asthme même très ancien peu ou pas traité. La présence dans l’armoire à pharmacie d’un bronchodilatateur utilisé à la demande, même rarement doit inciter le futur voyageur à se rapprocher de son médecin afin de discuter l'intérêt de demander un avis spécialisé. C'est encore plus vrai pour toute valeur de SpO2 inférieure ou égale à 94 %.
CONCLUSION 
 
Il est admis que tout futur voyageur qui présenterait une SpO2 au sol supérieure à 95 % peut voyager sans arrière-pensée et sans adjonction d’oxygène pendant le vol.
Hélas, cette assertion ne tient pas pour les voyageurs qui présenteraient une pathologie cardio-pulmonaire chronique ou récente.
La conférence d’expert sur “voyage aérien et maladies respiratoires” donne la conduite à tenir selon l’âge, l’état clinique, les pathologies associées ou non du sujet, le résultat de la SpO2 et des éventuels examens complémentaires VEMS (Volume Expiratoire Maximal en 1 seconde), CV (capacité vitale) et gaz du sang artériel. 
PATHOLOGIES RESPIRATOIRES
et CLINIQUE 
 
Deux signes cliniques conditionnent votre aptitude sur le plan pulmonaire :
 
La dyspnée ou essoufflement
La toux
 
Mais la sensation d’être essoufflé étant plus ou moins subjective pour un sujet donné, il peut être intéressant de lui associer un symptôme équivalent :
 
La diminution du périmètre de marche
 
Si vous avez coché un de ces trois signes, vous devez consulter votre médecin.
 
Remarques :
 
On n’entend par « diminution » l’obligation qui est faite de ralentir ou de s’arrêter au cours d’un effort régulier habituellement réalisé. Une diminution du périmètre de marche en l’absence de toute douleur dans l’un ou les deux mollets doit faire évoquer l’existence d’une dyspnée.
 
La toux et la dyspnée peuvent manquer au cours d’une maladie respiratoire sévère, mais ces symptômes ont forcément existé à un moment donné ou à un autre dans les mois, semaines ou jours précédents.
SENIOR et PRATIQUE AÉRONAUTIQUE
 
Pour tous les patients entrant dans le cadre F des recommandations. Conférence d’experts. Voyage aérien et maladies respiratoires (à l’exclusion de la pathologie infectieuse). Rev Mal Respir, 2007; 24/4S7-4S68.
 
En pratique et pour tout senior globe-trotter, l’idéal est bien d’avoir une SpO2 au sol supérieure ou égale à 96% pour trois raisons.
 
La première découle des conséquences de l’hypobarie qui à l’altitude de croisière fait perdre à tout passager aérien quel que soit son âge environ 2% de saturation par rapport au chiffre affiché par l’oxymètre de pouls à l'altitude zéro.
 
La deuxième raison repose sur les variations de valeur de l’appareil utilisé. Il est admis que les oxymètres de pouls aient dans des conditions normales d’utilisation une erreur relative de +/- 4% par rapport à la SaO2. La valeur résiduelle de SpO2 compte tenu de ces deux éléments négatifs est d’un maximum de moins deux pour cent pour la SpO2 soit 94 % mais avec une possible SaO2 à 90% au minimum. Or chez un patient dont la saturation en oxygène au niveau de la mer ne dépasserait pas 90 %, la saturation pourrait diminuer jusque vers les 50-60 % à l’altitude de 2500 m (chiffres extrapolés du sujet normal, sans prise en compte d’éventuels mécanismes adaptatifs liés à la chronicité de la pathologie). En mettant la valeur seuil de la SpO2 à 95% et a fortiori à 92%, on prend peut-être un risque “hypoxique” en cas de comorbidités associées surtout si le voyage s’avère éprouvant dans sa globalité.
 
La troisième et dernière raison repose sur le fait que les troubles observés en vol dépendent de la durée du vol, les symptômes respiratoires ne se révélant généralement qu’après quelques heures de vol, une fois l’altitude de croisière atteinte voire même beaucoup plus tard dans les 72 heures après l’atterrissage.
                                                                            suite
voyage-aptitude-senior.fr©création  Décembre 2007
MISE À JOUR  Mai  2011
© Dr Haicault de la Regontais Ghislain
 
 
Nous adhérons aux principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.
Il parait donc plus sage de demander un avis spécialisé pour toute valeur de la SpO2 inférieure à 96 % surtout s’il existe une pathologie pulmonaire ou cardio-vasculaire connue, ancienne comme récente et si le futur voyageur doit emprunter un vol moyen (temps de vol supérieur à 2h30 -3 h max 3h30) ou long-courrier.
Par contre en prenant la valeur seuil de 96% de SpO2, le risque “hypoxique” semble bien pouvoir être raisonnablement écarté quelle que soit la durée du vol et la pénibilité du voyage à moins d’avoir une pathologie cardio-pulmonaire sévère aggravée par une anémie méconnue. Dans ce cas extrême, un malaise hypoxique pourrait survenir dès la première demie heure suivant le décollage (expérience de l'auteur).
 
Remarque : les oxymètres de pouls de nouvelle génération ont une meilleure précision et l’erreur relative de +/- 4% entre la SaO2 et la SpO2 est certainement maximale. Cette différence n’a d’ailleurs été observée que chez des patients traités en réanimation et non chez de simples seniors globe-trotters. Cependant Il est conseillé au médecin traitant d’être prudent devant tout senior présentant une pathologie pulmonaire chronique, en particulier asthmatique, qui présenterait au sol une SpO2 au plus égale à 94%. Ce conseil est aussi valable pour tous les seniors désireux de s’auto-évaluer.
 
Expérience de l'auteur : En effet, dans ma pratique de médecin transporteur, j’ai été à plusieurs reprises confronté à des accidents hypoxiques chez des seniors rapatriés ayant à l’oxymètre de pouls une SpO2 stabilisée à 94 % sans jamais dépasser ce chiffre. La survenue d’un accident hypoxique ne relevait pas de leur condition de rapatrié puisque leur rapatriement avait une raison plus logistique que médicale mais bien de leur antécédent respiratoire. Ils prenaient tous de façon officieuse ou officielle un médicament à visée respiratoire, de la ventoline® en l’occurrence !
RECOMMANDATIONS ET PATHOLOGIES PULMONAIRES