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MAL AIGU des MONTAGNES et TRAITEMENT  
PRÉVENTION NON MÉDICAMENTEUSE du MAM et de ses COMPLICATIONS
 
Elle se résume en deux phrases « ne pas monter trop vite et trop haut » et « si vous montez haut dormez plus bas ». 
 
Profil de l’excursion 
 
L’incidence du MAM augmente avec l’altitude, l’effort physique et la vitesse ascensionnelle. Tous ces paramètres seront donc à intégrer lors de la préparation de votre voyage.
L’existence d’une susceptibilité individuelle impose de connaître le profil de l’excursion ou du séjour en altitude du futur voyageur (possibilité ou non d’acclimatation). Un conseil valable pour tous les voyages quel que soit son altitude. En effet, les conditions rencontrées au cours d’un voyage ne sont jamais le reflet exact d’une journée habituellement vécue par une personne, senior de surcroît.
 
Précautions à prendre pour  les voyageurs novices désirant séjourner à une altitude supérieure à 3000 m :
 
Éviter une ascension rapide jusqu’à 3000 m.
Passer les 2 ou 3 premières nuits à l’altitude de 2500 à 3000 m avant de poursuivre l’ascension.
Passer une nuit supplémentaire sur place pour l’acclimatation à chaque gain d’altitude de 600 à 900 m.
La vitesse d’ascension ne doit pas dépasser 300 à 500 m de dénivelé à partir de 3000 m. De même, il est recommandé de ne pas dormir à une altitude supérieure de 300 à 500 m par rapport à l’altitude de la nuit précédente au-dessus de 3000 m. Redescendre améliore toujours l’acclimatation.
Respecter la journée de repos tous les 2 à 3 jours.
Éviter l’alcool et les hypnotiques sédatifs.
Prévoir une alimentation riche en sucre et une hydratation suffisante pendant l’ascension.
Éviter tout surmenage. L’exercice intense est à éviter alors que l’exercice modéré  favorise l’acclimatation.
 
Mise en condition :
 
L’entraînement s’il est naturellement conseillé avant un exercice physique de plusieurs jours ne protège pas contre la pathologie d’altitude. De plus, il est important de comprendre que l’acclimatation naturelle à l’altitude est une étape obligatoire et qu’elle ne se résume pas à la prise d’un médicament aussi efficace soit-il, même s'il  est vrai qu'il optimise l’hématose au repos comme à l’effort permettant ainsi une pré-acclimatation au MAM par l' augmentation du débit ventilatoire.
 
Hydratation :
 
Une bonne hydratation pendant le séjour en altitude est fondamentale. Les «cystiques et autres prostatiques toujours trop frileux à l’idée de se  noyer dans un verre d’eau» devront changer leurs habitudes.
 
Prudence :
 
La résistance à l’utilisation d’antalgique de palier I (paracétamol, AINS)  devant une céphalée (un mal de tête) est un signe de gravité du MAM.
DIAMOX® : NOM DCI ACÉTAZOLAMIDE
 
Faut-il se traiter en prévention du MAM ?
 
L’acétazolamide est un diurétique de la famille des sulfamides. Il est donc contre-indiqué chez les patients allergiques aux sulfamides et chez les patients atopiques aux multiples allergies en l’absence de certitude quant à l’innocuité de son utilisation.
 
Dénomination internationale :
 
Acétazolamide. Diamox® en France, Allemagne, Espagne, Pays-bas, Grande-Bretagne, Suède, Italie, Canada, Etats-Unis, Australie, Suisse.
Edemox® en Espagne, Diamox retard® en Afrique du sud, Diluran® en tchéquie, Duriwas® en Italie , glaupax® (Suisse Allemagne), Glupax® Danemark), uramox® Israël
 
Mécanisme d’action :
 
Il agit par inhibition de l’anhydrase carbonique à différents niveaux de l’organisme. Cette inhibition entraîne : au niveau rénal une diurèse aqueuse avec élimination du sodium, du potassium et des bicarbonates. Les urines deviennent alcalines. Au niveau de l’œil, il réduit la pression osmotique intra-oculaire. Au niveau du système nerveux central, il a un effet anti-sécrétoire sur les plexus choroïdes réduisant la formation du liquide céphalo-rachidien.
Il a aussi des propriétés anticonvulsivantes et des effets sur l’hématose.
Par son métabolisme, il entraîne une diminution de la capnie par acidose métabolique du fait de l’élimination des bicarbonates dans les urines. Il a une très forte liaison aux protéines plasmatiques et de ce fait interfère sur la biodisponibilité des autres traitements. Sa demi-vie est de 3 à 6 heures. Rappelons qu’il faut cinq demi-vie pour éliminer totalement un médicament de son organisme en l’absence de toute insuffisance rénale soit pour l’acétazolamide 15 à 30 heures.
Son élimination est essentiellement rénale. Une adaptation de la posologie est donc nécessaire chez l’insuffisant rénal : les seniors ayant une clairance entre 10 et 50 ml/min ne doivent pas dépasser plus d’une prise toutes les 12 heures.
 
Posologie :
 
La posologie par voie orale est de 2x 250 mg en préventif.
Le traitement actuellement recommandé se fait à dose plus faible 125x2 pour éviter certains effets secondaires. Il doit donc être pris matin et midi à la dose habituelle de 125 mg par prise. Le traitement commencera au moins 24 heures (24 à 48 h) avant l’ascension et sera arrêté à la fin des 48 premières heures nécessaires à l’acclimatation ou dans le cas d’une ascension à très haute altitude une fois arrivée à l’altitude la plus haute.
 
Indications :
 
Ascension rapide de moins d’un jour à une altitude supérieure à 3000 m.
Augmentation trop rapide de l’altitude de sommeil.
 
Si l’acétazolamide a fait la preuve de son efficacité dans la prévention du MAM, ce n’est pas le cas pour l’OPHA et l’OCHA.
TRAITEMENT CURATIF
des COMPLICATIONS du MAM
 
Le traitement du MAM compliqué d’OPHA ou d’OCHA fait appel au même traitement accompagnée de mesures de réanimation intensive.
Si les hôpitaux de montagne à l’étranger sont le plus souvent rustiques, il n’empêche qu’ils pourront toujours traiter une pathologie d’altitude grâce à l’oxygène dont ils disposent. Encore faut-il que les symptômes dont souffre le voyageur ne cachent pas en réalité une pathologie mimant une pathologie d’altitude. L’intérêt d’une consultation d’aptitude avant le départ est évident.
voyage-aptitude-senior.fr©création  Décembre 2007
MISE À JOUR Mai 2011
© Dr Haicault de la Regontais Ghislain
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Plan
CONCLUSION
 
Les précautions à prendre sont donc nombreuses. Le traitement habituellement suivi doit toujours faire peser le pour et le contre quant à l’utilisation d’acétazolamide.
Aussi plutôt que de se retrancher derrière une molécule source de complications, il paraît plus opportun de suivre les conseils de prévention du MAM lors d’un séjour touristique en montagne. L’utilisation d’acétazolamide ne se fera qu’en deuxième intention et à la descente en cas de pépin.
TRAITEMENT CURATIF du MAM
 
Il repose sur la descente accompagnée du voyageur souffrant. Ce dernier doit être mis au repos (brancardage) et réchauffé, sous oxygène au masque et traité par acétazolamide (500 mg à 1,5 g/jour) ou dexaméthasone (4 mg toutes les 8 heures) …
Le repos au lit peut constituer à lui seul le traitement d’un MAM modéré associé au paracétamol ou à l’ibuprofen ( les antalgiques de palier II  (dextropropoxyphène et codéine) sont contre-indiqués du fait de leur action dépressive sur les centres respiratoires.
Une descente d’environ 1000 m fait disparaître l’ensemble des symptômes. Les risques de chute sont importants. Il est idéal d’entreprendre une séance en caisson de compression portable pour permettre au voyageur de retrouver suffisamment d’autonomie si le brancardage est impossible.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PLAN retour Résumé
 
PRÉVENTION NON MÉDICAMENTEUSE du MAM et de ses COMPLICATIONS
Elle se résume en deux phrases « ne pas monter trop vite et trop haut » et « si vous montez haut dormez plus bas ». 
Il est donc important de connaître  le profil de l'excursion.
Quelles sont les précautions à prendre pour  les voyageurs novices désirant séjourner à une altitude supérieure à 3000 m. 
Une mise en condition est toujours nécessaire pour améliorer son acclimatation sans qu'elle puisse pour autant nous protéger de la pathologie d'altitude... N'oubliez pas de vous hydrater correctement  pendant les efforts. L'alcool est déconseillé. Prudence si le paracétamol n'agit pas...
 
DIAMOX® : NOM DCI ACÉTAZOLAMIDE
Faut-il se traiter en prévention du MAM ?
L’acétazolamide est un diurétique de la famille des sulfamides. Il est donc contre-indiqué chez les patients allergiques aux sulfamides. Mécanisme d’action : il agit par inhibition de l’anhydrase carbonique à différents niveaux de l’organisme... Il a aussi des effets sur l’hématose et des propriétés anticonvulsivantes. Il a une très forte liaison aux protéines plasmatiques et de ce fait interfère sur la biodisponibilité des autres médicaments. Son élimination est rénale. Les seniors ayant une clairance entre 10 et 50 ml/min ne doivent pas dépasser plus d’une prise toutes les 12 heures.
Posologie : le traitement recommandé se fait à la dose de 125 x 2 pour éviter certains effets secondaires. Il doit donc être pris matin et midi à la dose  de 125 mg par prise. Le traitement est à commencer au moins 24 heures avant l’ascension et  arrêté à la fin des 48 premières heures nécessaires à l’acclimatation à l'altitude donnée ou dans le cas d’une ascension à très haute altitude une fois arrivée à l’altitude la plus haute.
Indications : ascension rapide de moins d’un jour à une altitude supérieure à 3000 m.
Augmentation trop rapide de l’altitude de sommeil.
Contre-indications :  la liste est longue. Lisez-la !
Précautions d’emploi : des précautions s’imposent aux seniors souffrant de BPCO ou toute situation pulmonaire pathologique pour laquelle le VEMS est inférieur à 25% des valeurs théoriques. Les sujets présentant un risque de décollement de rétine verraient ce risque se majorer sous acétazolamide.
Effets secondaires : il génère des paresthésies des extrémités, une myopie transitoire et une amertume à l’ingestion d’eau gazeuse.
Il interagit avec les médicaments habituellement prescrits comme ceux pris à l’occasion d’un événement intercurrent de survenue habituelle en voyage (diarrhée, douleur, mal des transports) Alors prudence ...
Pour les allergiques aux sulfamides, la dexaméthasone est une alternative. Elle n'est pas dénuée de risque... Parlez-en à votre médecin...
 
TRAITEMENT CURATIF du MAM
Il repose sur la descente accompagnée du voyageur souffrant. Ce dernier doit être mis au repos (brancardage) et réchauffé, sous oxygène au masque et traité par acétazolamide (500 mg à 1,5 g/jour) ou dexaméthasone (4 mg toutes les 8 heures) …
Une descente d’environ 1000 m fait disparaître l’ensemble des symptômes. Attention au risque de chute. Une séance en caisson de compression portable peut s'avérer nécessaire.
 
MAM TRAITEMENT CURATIF des COMPLICATIONS
Le traitement du MAM compliqué d’OPHA ou d’OCHA fait appel au même traitement accompagnée de mesures de réanimation intensive.
 
CONCLUSION
Une molécule est toujours source de complications. Il paraît plus opportun de suivre les conseils de prévention du MAM lors d’un séjour touristique en montagne. L’utilisation d’acétazolamide ne se fera qu’en deuxième intention et à la descente en cas de souci.
Contre-indications :
 
Allergie, insuffisance rénale sévère : clairance inf à 10 ml/min, insuffisance hépatique, hypokaliémie, hyponatrémie, insuffisance surrénale, acidose métabolique préexistante, antécédents de colique néphrétique et d’infections urinaires. Enfant (à titre d’information), chez la femme enceinte et chez l’enfant de moins de cinq ans. Notez que les séjours en altitude ne sont pas recommandés chez les enfants !
 
Précautions d’emploi et erreur à ne pas commettre :
 
Des précautions d’emploi s’imposent aux seniors souffrant de BPCO ou toute situation pulmonaire pathologique pour laquelle le VEMS est inférieur à 25% des valeurs théoriques. Les patients insuffisants respiratoires, en particulier restrictifs, tolèrent mal un surcroît d’hyperventilation provoquée par l’alcalose ventilatoire induite par l’hypoxie d’altitude. Si la réponse à cette hyperventilation est l’administration d’acétazolamide, il est inutile voire dangereux d’en augmenter les doses (au-delà de 2 mg/kg) car l’inhibition accrue de l’anhydrase carbonique érythrocytaire peut entraîner une altération de  l’excrétion de CO2 et  favoriser une hypercapnie toujours délétère.
 
Les sujets présentant un risque de décollement de rétine verraient ce risque se majorer sous acétazolamide.
 
Effets secondaires :
 
Il génère des paresthésies des extrémités, une myopie transitoire et une amertume à l’ingestion d’eau gazeuse.
 
La prise d’acétazolamide va interagir avec les médicaments habituellement prescrits comme ceux pris à l’occasion d’un événement intercurrent de survenue habituelle en voyage (diarrhée, douleur, mal des transports avec vomissements etc.). Toutes ces circonstances peuvent être à l’origine d’une déshydratation et d’un trouble ionique comme l’hypokaliémie et l'hyponatrémie. La forte liaison aux protéines plasmatiques risque d’augmenter la fraction libre de certains médicaments et favoriser ainsi leur surdosage. C’est le cas pour la quinine (antipaludéens).
 
La douleur est fréquente chez les seniors en particulier lors de poussée d’arthrose. Si la poussée inflammatoire est traitée par de fortes doses d’aspirine (3 grammes pour obtenir un effet anti-inflammatoire), l'aspirin, à cette dose, va diminuer l’élimination de l’acétazolamide et par voie de conséquence majorer l’acidose métabolique augmentant ainsi la toxicité de l’aspirine sur le sur le Système nerveux cérébral.
 
En cas d’allergie aux sulfamides, la prescription de dexaméthasone en remplacement de l’acétazolamide est possible. Elle n’est pas dénuée d’effets secondaires graves. La posologie recommandée est de 4mg toutes les 12 heures en prévention du MAM.
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