Dogme : le traitement de l’anémie reste le traitement de sa cause et repose sur la transfusion sanguine.
Dogme : l’anémie n’est pas liée à l’âge, même à un âge très avancé.
Définition : l’anémie chronique du senior se définit par une hémoglobine inférieure à 12 g/dl chez la femme et 13 g/dl chez l’homme.
Anémie et Oxymètre de pouls : L’anémie chronique ou aiguë même sévère ne modifie pas les performances de l’oxymètre de pouls. En clair, un patient anémique (hémoglobine inférieure aux chiffres usuels, la moyenne normale se situant autour de 14 g/dl : 12-16 g/dl) en l’absence de pathologie pulmonaire peut avoir à l’oxymètre de pouls une saturation à 98% au sol.
La nécessité d’un assistance respiratoire chez un patient anémique est pourtant bien réelle. Si la désaturation observée et liée à l’hypoxie hypobare reste modérée (perte de 2% en moyenne à l’oxymètre de pouls à l’altitude de croisière pour un passager indemne de toute pathologie pulmonaire), la quantité d’oxygène transportée n’en est pas moins diminuée. Elle le sera d’autant plus que l’anémie est sévère. Lire aussi la page Oxygène Assistance.
Tous les organes nobles du corps humain sont susceptibles d’en souffrir et tout particulièrement le muscle cardiaque. Or le seuil de déclenchement d’une douleur angineuse à l’hypoxie et/ou à l’anémie dépend de la sévérité de la maladie coronaire (et de la tolérance du patient). Le médecin traitant ne pouvant pas apprécier sans des épreuves interventionnelles cardiaques (ECG, Echographie, ECG d’effort, scanner coronaire, coronarographie etc.) l’état et la qualité du réseau coronaire du futur passager, il est facile de comprendre l’intérêt d’apporter une oxygénothérapie d’appoint à un patient anémique dans la mesure où les chiffres trouvés sont raisonnables et stabilisés entre 9 et 10 g/dl et ce, alors qu’il ne présente aucune symptomatologie cardio-vasculaire au sol. Dans le cas contraire, outre le traitement de la cause de l’anémie, le seul traitement efficace contre les signes d’angine de poitrine sera le traitement de l’anémie par une transfusion sanguine.
Un chiffre inférieure à 8 g/dl dont la raison est méconnue contre-indique formellement un vol même avec oxygène. Il impose une enquête étiologique dont l’objectif initial est d’éliminer en premier lieu un saignement aigu ou chronique. L’aggravation d'un saignement chronique sur un mode aigu est toujours possible.
Il est évident que la mise en évidence d’une anémie au cours de l’examen clinique d’aptitude est une contre-indication au voyage aérien tant que le diagnostic étiologique n’a pas été posé et les capacités physiques du voyageur évaluées.
Une anémie chronique se rencontre souvent chez les patients traités par chimiothérapie anti-néoplasique. Il est cependant possible d’envisager chez ces patients une transfusion sanguine de manière à améliorer leurs performances physiques pendant le voyage et limiter au maximum le risque hypoxique en vol.
L’objectif thérapeutique transfusionnel ne saurait être inférieur à 12 g/dl d’hémoglobine en présence d’une comorbidité cardiaque ou pulmonaire, en l'absence d'oxygène, situation la plus fréquente chez le senior présentant des facteurs de risque vasculaire. Les risques d’une transfusion sanguine doivent néanmoins être connus. Le rapport bénéfice risque doit donc être apprécié et discuté par rapport à l’oxygénothérapie d’appoint pendant le vol.
Anémie aiguë : Si l’anémie chronique du senior se définit par une hémoglobine inférieure à 12 g/dl chez la femme et 13 g/dl chez l’homme, la symptomatologie clinique est indépendante du chiffre d’hémoglobine trouvé par le laboratoire. C’est encore plus vrai en cas d’anémie aiguë. La perte brutale de 2 points d’hémoglobine de 14 à 12 g/dl malgré des chiffres encore dans les normes admises peut précipiter une maladie coronaire latente non diagnostiquée. Les conséquences de l’anémie tant sur le plan cardio-vasculaire que neurologique sont par définition des contre-indications au vol commercial. Lisez la Page Interdictions et Avion.
Si le traitement de l'anémie repose sur la transfusion sanguine et non sur la seule oxygénothérapie, dans ce dernier cas, il est intéressant d'observer le rôle bénéfique de l'oxygénothérapie quant à sa capacité de diffuser et de saturer les tissus les plus vascularisés comme les muscles. Le coeur en est un!
Conclusion : l’existence d’une anémie sur votre bilan sanguin fait de vous un passager à risque hypoxique avec ses conséquences cliniques (cérébrales, ischémie typique ou silencieuse, troubles du rythme, syncope hypoxique). Elle peut perturber votre équilibre clinique jusqu’à 72 heures après le vol, voire plus. La prudence s’impose ! Parlez-en à votre médecin.