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Vaincre sa peur en avion
CONDUITE à  TENIR
AVANT-PENDANT et APRÈS le VOL
 
-Augmenter ou diminuer d’un quart votre dose d’insuline journalière du traitement habituel selon le type de déplacement Est ou Ouest.
 
-Surveillance glycémique avant chaque collation ou repas proposé et pris pendant le vol ou aux horaires habituels des repas pris à l’heure locale de départ en cas de transit. Une surveillance glycémique plus rapprochée doit être effectuée si vous vous privez ou rajoutez un repas pour x raisons. En pratique, elle doit être faite au moins toutes les 4 heures.
 
-Injection de la dose d’insuline habituelle prévue dans votre traitement aux horaires des repas s’ils sont pris (petit-déjeuner, déjeuner et dîner à l’heure locale de départ). Tenez compte de l’augmentation ou de la diminution d’un quart que vous appliquerez selon le type de déplacement (avant le départ si déplacement vers l’Est décalage horaire supérieur ou égal à 6 heures, après à l’arrivée dans l’autre cas).
 
-Adapter les chiffres glycémiques de votre auto-surveillance avec de l’insuline rapide (Actrapid®) si les chiffres glycémiques observés avant une collation (hors repas et insuline habituelle injectée) augmentent et dépassent la limite à ne pas dépasser conseillée par votre médecin. Mais attention !  Toute injection d’Actrapid® vous oblige à avoir auprès de vous une collation sucrée.
 
Le tableau suivant vous donne la dose maximale d’insuline rapide à injecter selon le chiffre de glycémie observé. Il est conseillé de faire un essai en injectant la dose immédiatement en dessous du chiffre glycémique observée (exemple glycémie capillaire 1,8 g/l faire 2 U s/c d’Actrapid® au lieu des 5 U proposées dans le tableau). En effet, la précision d’un lecteur en parfait état de fonctionnement même en utilisant une technique irréprochable est de + ou - 10 % à 15%. Rappelons qu’une hypoglycémie est plus grave qu’une hyperglycémie de quelques heures. L’adaptation se fera donc si besoin au cours du voyage et seulement en cas d’échappement vers le haut des chiffres glycémiques au-delà de 2,5 g/l voire 3 g/l. L’injection de toute insuline doit toujours se faire avec une collation effectivement prise. Il est conseillé d’avoir à portée de main une autre collation sucrée jusqu’à la prochaine surveillance glycémique 4 heures plus tard.
 
IMPORTANT : Gardez toujours à l’esprit qu’à partir du décompte des passagers, les mesures de sécurité entourant le décollage et l’ascension de l’appareil jusqu’à l’extinction des consignes lumineuses dureront au minimum 30 à 45 minutes voire plus. Soyez aussi très attentif à l’annonce de la descente par le commandant de bord. Les mêmes consignes d’une durée similaire vous seront imposées. Pendant ce laps de temps, il est illusoire d’espérer pouvoir adapter votre traitement. L’impossibilité de chercher dans le coffre à bagage de quoi vous traiter ou vous “sucrer” impose d’avoir votre traitement, votre appareil d’auto-surveillance et une collation sucrée à portée de main pendant le décollage et l’atterrissage.
 
Le tableau suivant sous-entend un apport glucidique régulier : Ce qui est le cas sur toutes les lignes commerciales. Des boissons sucrées sont proposées pendant toute la durée du vol dans les offices des vols long-courriers. Les vols court ou moyen-courriers en offrent aussi systématiquement. Ils peuvent être payant sur les compagnies à bas-coût.
 
Glycémie obtenue :
 
mmol/l                       g/l                 Insuline rapide s/c
 
4,4 à 6,7                0,8 à 1,2                       0 Unité
 
6,7 à 8,9                1,2 à 1,6                       2 Unités
 
8,9 à 11,1              1,6 à 2                          5 Unités           
 
11,1 à 13,3            2 à 2,4                         10 Unités      
 
13,3 à 16,7            2,4 à 3                         15 Unités 
 
16,7 à 22,2            3 à 4                             20 Unités
 
Actrapid® est une insuline d'action rapide. Elle commence à agir dans les 30 minutes qui suivent l'injection. Son effet maximum apparaît de 1,5 à 3,5 heures après l’injection et sa durée d'action est environ de 7 à 8 heures. L’aiguille doit rester au moins sept secondes sous la peau.
 
En cas d’hypoglycémie (glycémie inf à 0,8 g/l) après injection d’Actrapid® : arrêt de toute injection d’insuline Actrapid®, prendre une “solide” collation sucrée et refaire une glycémie capillaire dans l’heure (auto-surveillance). Chez certains diabétiques, l’action de l'insuline rapide peut être encore plus rapide. Donc prudence !
 
Objectifs : Ils sont toujours les mêmes entre 1 et 1,5 g/l pour les diabétiques en forme et 1,5 à 2 g/l pour les diabétiques fatigués... Mais en vol, un diabétique en forme pourra frôler sans inconvénient les 2 -2,5 g/l et le diabétique fragile les 2,5-3 g/l. À l’inverse, un diabétique âgé équilibré à 2 g/l  peut se sentir en “hypo” s’il tombe à 1g/l sous l’effet d’un traitement trop rigoureux ou d’un apport alimentaire insuffisant. Donc l’adaptation de vos chiffres glycémiques doit être réfléchie et mesurée.
 
En aéronautique commerciale, temps de vol maximal de 12 h, l’hypoglycémie est la situation la plus à craindre ! Elle impose en cas de malaise le déroutement pour raison médicale.
RECOMMANDATIONS
SPÉCIFIQUES aux DID
 
Injectez la quantité d’insuline quotidienne en fonction de vos apports pendant votre journée de transport. Essayer d’évaluer la quantité d’hydrate de carbone de vos repas pour dépister à temps une hypoglycémie.
 
Matériels indispensables :
 
-Un lecteur de glycémie avec piles neuves, lancettes, bandelettes, tests pour recherche d’acétone, insuline rapide, un kit injectable de glucagon®.
 
-Un sac isotherme est conseillé pour le stock d’insuline (conservation +2 +8°C). L’insuline utilisée doit être conservée à + 25 °C, à l’abri de la lumière. Elle ne doit en aucun cas être congelée ! Donc jamais en soute ! 
 
-Avoir sur soi sa carte et l’ordonnance traduite si possible en anglais justifiant l’obligation de vous traiter par injection d’insuline et l’utilisation du matériel de surveillance. Notez que le mot “insulin(e)” est universel ! Il n’a donc pas besoin d’être traduit ! Garder les seringues ou stylo dans leur emballage. En cas de complication lors des contrôles de sécurité, rapprochez-vous du service médical de l’aéroport ou du responsable au sol de la compagnie aérienne en vue de confier votre matériel et médicaments au personnel de bord. Vous serez ainsi identifié en tant que passager nécessitant une attention particulière.
 
-Avoir sur soi son ordonnance traduite si possible en anglais de porteur d’une pompe à insuline. Un certificat est disponible sur la page diabète et voyage du site de afd.asso.fr  Demandez un contrôle manuel pour éviter le passage sous le portique. Si le contrôle se fait à l’aide d’un détecteur manuel vérifier qu’il n’y a pas eu déprogrammation de votre pompe. Cette recommandation est aussi valable en cas de contrôle par Scanner Corporel à ondes millimétriques selon le même principe de précaution.
 
-Avoir sur soi pendant toute la phase de décollage sa seringue auto-injectable de glucagon : GLUCAGEN KIT®. Si vous vous êtes injecté de l’insuline avant le départ, soyez attentifs au premier symptômes d’hypoglycémie : sensation de faim, sueurs froides... Les conditions d’un départ en voyage (stress, alimentation différente, horaires décalés) sont source d’hypoglycémie. Gardez votre seringue de glucagon dans sa boite d’origine et veillez à ce qu’elle contienne sa notice d’utilisation. Celui qui vous l’injectera ne sera peut-être pas médecin ou infirmier. 
 
-Un kit de pansement avec compresses et antiseptiques (dakin® ou Bétadine®) en cas de plaie des pieds. Surveillez-les ! Ayez une hygiène parfaite : une plaie propre, lavée avec de l’eau et du savon, cicatrise. Une plaie non nettoyée sur laquelle est appliqué un désinfectant même en grande quantité ne cicatrise pas forcément ! 
 
-Le rythme de vie pendant un voyage étant plus soutenu, veillez à bien surveiller vos chiffres glycémiques et à adapter vos doses d’insuline régulièrement en gardant un intervalle de temps de deux ou trois jours avant chaque modification. Ne pas oublier qu’une hyperglycémie diurne peut être réactionnelle à une hypoglycémie nocturne. L’activité physique consommatrice de sucre va diminuer vos besoins en insuline. L’excès alimentaire risque de les augmenter. Une auto-surveillance s’impose.
CONTRÔLE
de l'HÉMOGLOBINE GLYQUÉE
 
L’American diabetes association (ADA) recommande d’appliquer chez les sujets âgés diabétiques sans troubles cognitifs, autonomes et ayant une espérance de vie d’environ 10 ans les mêmes règles que celles applicables aux sujets diabétiques jeunes. Cette recommandation concerne tout particulièrement les seniors globe-trotters. Mais l’espérance de vie augmentant naturellement dès la prise en charge des pathologies chroniques et aiguës, la notion de temps ne devrait être décomptée ou appréciée qu’une fois toutes les comorbidités traitées. L’âge ne doit en aucun cas être un obstacle au traitement.
 
EN PRATIQUE : le senior qu’il soit fragile ou pas devrait se rapprocher du chiffre d’hémoglobine glyquée A1C optimal d’un adulte jeune.
En réalité, tout dépend de la date d’entrée dans la maladie diabétique. En effet, un diabète découvert récemment demande d’appliquer les recommandations à savoir deux antidiabétiques oraux si l’hémoglobine glyquée A1C est supérieur à 6,5% après six mois de traitement avec un seul antidiabétique oral. La conduite à tenir étant effectivement de traiter le plus tôt, le plus vite et le plus fort possible afin de limiter au maximum la morbi-mortalité cardio-vasculaire, rétinienne et rénale.
Les diabétiques découverts récemment, en l'occurrence dans les 6 derniers mois, bénéficient a priori d’un bilan cardio-vasculaire exhaustif dans le cadre de leur prise en charge. Leur évaluation avant un voyage si elle est toujours d’actualité est en principe déjà réalisée.
 
cas particulier des diabétiques âgés :
 
Chez les diabétiques âgés, malades depuis plusieurs années, l’objectif est par contre plus nuancé. L’hémoglobine glyquée A1C, si elle doit être la plus basse possible, doit tenir compte des capacités fonctionnelles du sujet à suivre les conseils hygiéno-diététiques, de ses comorbidités en particulier coronarienne (infarctus, angor), et de son espérance de vie. Il parait illusoire de demander à ces patients d’atteindre un niveau d’hémoglobine glyquée A1C trop bas  et ce d’autant plus qu’ils ont atteint des chiffres se rapprochant des objectifs souhaités par leur médecin. La stabilité des chiffres observés sur plusieurs examens est assurément le reflet d’une bonne observance et d’une maîtrise des facteurs de risques. Obtenir des chiffres d’hémoglobine glyquée A1C stabilisés entre 7,5 et 8,5 % voire moins à 85 ans est de bon augure. Ils ne restent plus à ces patients qu’à évaluer leur capacité à supporter les contraintes d’un voyage en se rapprochant de leur médecin traitant.
 
Notez que le seul risque d’un traitement atteignant l’objectif idéal est de favoriser les accidents hypoglycémiques si les apports alimentaires s’avèrent insuffisants. Un bon contrôle de l’hémoglobine glyquée A1C est donc toujours lié à un apport diététique de type “diabétique” suffisant et adapté à l’état général du senior.
 
Des chiffres trop éloignés de ces fourchettes exposent à des accidents. Il faut savoir que plus le taux d’hémoglobine glyquée A1C est bas plus le risque de complications est faible. Ainsi une baisse de l’hémoglobine glyquée A1C de 1 % diminue le risque d’accident cardiaque de 14 % (infarctus du myocarde), d’accident vasculaire cérébral de 12 % (AVC) et de rétinopathie (à haut risque de cécité) de 25 %.
 
La surveillance glycémique et son contrôle excluent donc toute improvisation ou négligence. C’est d’autant plus vrai que, chez certains seniors, le risque de dénutrition est majeur, en particulier lors d’une maladie intercurrente.
 
Le diabète étant un facteur de risque cardio-vasculaire reconnu, le futur voyageur doit en priorité vérifier auprès de son médecin traitant la stabilité de son état cardio-vasculaire et de sa fonction rénale. (sans oublier l’examen ophtalmologique). La recherche d'une ischémie silencieuse est de plus recommandée. Parlez-en à votre médecin traitant.
DIABÈTE et OBJECTIFS THÉRAPEUTIQUES
 
Le diabète qu’il soit insulino-dépendant (DID) ou non (DNID) ne représente pas en soi une contre-indication au voyage si le futur voyageur est conscient des risques liés à sa maladie.
 
La première recommandation est de vérifier la stabilité de ses chiffres glycémiques recueillis au cours des contrôles pratiqués à la demande de son médecin traitant ainsi qu’au cours de l’auto-surveillance :
 
Les objectifs thérapeutiques sont suffisamment précis.
Ils sont chez le senior diabétique de type II  :
 
Senior diabétique en bonne santé :    
     glycémie à jeun inférieure à 7 mmol/l
     hémoglobine glyquée A1C inférieure à 6,5%
Senior diabétique fragile :
     glycémie à jeun inférieure à 10 mmol/l
     hémoglobine glyquée A1C inférieure à 7 %
                           
Norme du sujet sain non diabétique : 5,5 à 6 %
LE DIABÉTIQUE à l'AÉROPORT
 
L’AFD (Association Française des Diabétiques) afd.asso.fr a écrit un petit guide le diabète à l’aéroport en partenariat avec la DGAC pour les patients diabétiques insulino-requérants devant prendre un avion au départ d’un aéroport français. S’il n’aborde pas les questions relatives à la gestion de l’insuline en vol en cas de décalage horaire, il donne en revanche toutes les précisions sur les obligations et autres autorisations découlant des nouvelles dispositions sécuritaires à l’intérieur des aéroports français.
 
Consultez-le avant votre départ. C’est un minimum.
voyage-aptitude-senior.fr©création  Décembre 2007
MISE À JOUR Juin 2011
© Dr Haicault de la Regontais Ghislain
RECOMMANDATIONS
SPÉCIFIQUES aux DNID
 
Les passagers traités par sulfamides hypoglycémiants doivent veiller à prendre leur traitement seulement si la prise des médicaments est suivi immédiatement d’un repas.
En cas de décalage horaire de plus de 3 heures, ne pas raccourcir l’intervalle de temps entre deux prises. Le risque d’hypoglycémie est trop important. Il est par contre tout à fait possible d’allonger  l’intervalle entre deux prises.
 
Reste à définir l'impact des nouvelles molécules sur les conditions de voyage.
DIABÈTE et LIPIDE
RECOMMANDATIONS AFSSAPS  (Mars 2005)
 

Appliquées aux sujets diabétiques. Elles donnent comme valeur cible :
 
un LDL-Cholestérol inférieure à 1,9 g/l pour les rares diabétiques sans autre facteur de risque qui sont dépourvus d’atteinte rétinienne et rénale et dont le diabète évolue depuis moins de 5 ans.
 
un LDL-Cholestérol inférieure à 1,6 g/l chez les sujets diabétiques qui présentent au plus un facteur de risque additionnel.
 
un LDL-Cholestérol inférieure à 1,3 g/l chez les sujets diabétiques qui présentent au moins deux facteurs de risque additionnels à un diabète évoluant depuis moins de 10 ans
 
un LDL-Cholestérol inférieure à 1 g/l chez les diabétiques à haut risque cardio-vasculaire(*)ou à risque équivalent (**).
 
(*) antécédents de cardiopathie ischémique, de maladie vasculaire athéromateuse avérées (artérite, accident vasculaire cérébral)
 
(**) atteinte rénale ou un diabète évoluant depuis plus de dix ans et au moins deux facteurs de risque cardio-vasculaire ou patient ayant un risque supérieur à 20 % de faire un accident coronarien dans les 10 ans. Lire Senior et Lipide
DIABÈTE et CONTRÔLE LIPIDIQUE 
 
Le diabète, l’hypertension artérielle, l’hyperlipidémie, le tabac et l’âge sont les principaux facteurs de risque vasculaire. L’arrêt du tabac et le contrôle de l’hypertension artérielle et de l’hypercholestérolémie doivent faire parti de vos objectifs. Lire la page Senior et Lipide.
 
L’utilisation des recommandations peut être une source d’erreur pour un non-initié.
 
Parlez-en à votre médecin et évaluez avec lui votre risque cardio-vasculaire si vous ne pensez pas avoir atteint la valeur cible correspondante à votre état de santé.
 
Dans tous les cas, vous devrez décider avec votre médecin traitant de l’intérêt d’une exploration cardio-vasculaire afin de vous prévenir contre le risque hypoxique.
CONCLUSION
 
Tout voyageur diabétique doit connaître ses horaires de départ, d’arrivée, le nombre d’heures de décalage, le temps de vol et anticiper sur la durée des escales et d’éventuels retards. En cas de difficultés, prenez conseil après de votre médecin traitant ou de votre spécialiste afin d’adapter au mieux votre traitement.
 
N’oubliez pas de vous rendre aussi sur les sites afd.asso.fr et automesure.com pour parfaire votre auto-évaluation en diabétologie.
Les INDISPENSABLES
 
Avant votre départ, votre médecin devra vous prescrire en plus de votre traitement habituel :
 
-un kit de glucagon injectable en cas d’hypoglycémie.
 
-un stylo d’insuline “rapide” pour l’aller et le retour pour adapter vos chiffres de glycémie s'ils sont trop élevés.
 
- des aliments sucrés, solide ou liquide, à portée de main.
 
Vos capacités de réactions seront limitées si vous les oubliez ! Ils doivent dans tous les cas se trouver toujours à portée de main. Le coffre à bagages ne l’est pas !
DIABÈTE et DERNIÈRES PRÉCAUTIONS
 
En cas de perte de votre traitement oral ou de votre insuline et en attendant votre réapprovisionnement, vous  pouvez utiliser de l’insuline rapide (Actrapid®).
Vous devrez en trouver facilement. Vous serez astreint néanmoins à faire une glycémie capillaire toutes les 4 heures. Vous adapterez la dose d’insuline rapide au chiffre glycémique en prenant une collation ou le repas selon le tableau précédemment décrit. Si un délai de 4 heures se rajoute au précédent (décalage de 8 heures ou 12 heures) faites de même en prenant toujours une collation et en ayant une collation sucrée toujours à portée de main.
 
N’oubliez pas qu’il est toujours possible de contrôler sa glycémie en augmentant sa diurèse (élimination urinaire).
 
Augmenter ses apports hydriques pendant le vol est une manière simple (mais insuffisante à long terme) de contrôler ses chiffres glycémiques en l’absence d’insuline rapide sous couvert d’une auto-surveillance glycémique assidue.
 
Si vous voulez augmenter votre diurèse, alternez eau plate et eau gazeuse riche en bicarbonates de sodium. L’augmentation de la diurèse entraine une fuite de sodium et de potassium. Notez au passage qu’une bonne hydratation permet aussi d’éviter certaines complications liées aux contraintes aéronautiques.
DIABÈTE INSULINO-DÉPENDANT
et DÉCALAGE HORAIRE
 
Avoir sur soi différentes collations pour au moins 12 heures. Prévenir éventuellement le personnel de bord pour être servi en priorité selon les horaires d’injection. En pratique, c’est plus facile à dire qu’à faire !
L'ajustement des doses d’insuline n'est pas nécessaire pour les voyages Nord-Sud mais seulement pour les voyages Est-Ouest si un décalage horaire dépasse les 5 heures. Pour s'en tirer sans trop de difficulté quelques conseils pratiques  et utiles :
 
-Faire toutes les 4 heures une auto-surveillance de la glycémie.
 
-Si le choix est possible, un départ matinal est préférable. Mais attention au stress et au risque d’hypoglycémie.
 
-Adapter progressivement son traitement à l’heure locale du pays d’arrivée afin d’éviter tout dérèglement thérapeutique avec en particulier la survenue d’hypoglycémie nocturne.
 
Un déplacement vers l’Ouest allonge la journée. Un déplacement vers l’Est la raccourcit. Un décalage horaire de moins de 3 heures ne demande qu’un léger décalage des horaires d’injection. L’adaptation du traitement insulinique n’est à faire que le jour du voyage en avion.
 
Déplacement vers l’Ouest avec décalage horaire supérieur ou égal à 6 h : Dose de départ matinale normale, collations pendant le vol et repas en fonction des horaires habituels. L’allongement de la journée et l’augmentation du nombre de repas nécessite l’injection supplémentaire de 1/4 de la dose totale d’insuline quotidienne en insuline ordinaire associée à une collation. Le soir, injection de l’insuline prescrite en France selon l’heure locale. Le traitement est poursuivi le lendemain selon les horaires habituels.
 
Exemple : Départ 9 h, vol de 8 h, décalage horaire de 6h, (9 + 8 – 6 = 11) arrivée 11 h, injection d’un quart supplémentaire à l’heure d’arrivée à 11 h + déjeuner  puis dîner.
 
Déplacement vers l’Est avec décalage horaire supérieur ou égal à 6 h : La dose d’insuline précédant le départ comprendra les 3/4 de la dose quotidienne habituelle. A l’arrivée, heure locale, injection de la dose du soir. L’injection du soir est donc plus précoce qu’à l’accoutumée et associée au dîner. Le lendemain matin, réveil heure locale injection de la dose prescrite habituellement.
Ex départ 9 h, vol de 8 heures, décalage horaire de 6 h, arrivée heure locale 23h. injection de l’insuline du soir, dîner, nuit réveil petit déjeuner insuline du matin.
 
En pratique : Les exemples proposés ne sont jamais les bons ! De plus qu’appelle-t-on insuline ordinaire, rapide, intermédiaire, lente, semi-lente, retard ? Quel que soit le type d’insuline utilisée dans la journée et prescrite par votre médecin traitant, l’adaptation des chiffres de glycémie récupérés au fil de votre auto-surveillance glycémique devra se faire pour des raisons pratiques avec une insuline “rapide” sans modifier le traitement habituel. L’insuline “rapide” possède une durée d’action de 4 à 6 heures correspondant au délai moyen des décalages horaires et à ses multiples.
 
Néanmoins, il est utile d’appliquer la règle basée sur l’allongement ou le raccourcissement de la journée lié au décalage horaire. Elle donne une idée assez juste des besoins en insuline pendant la journée de voyage et concourt à éviter une éventuelle hypoglycémie toujours sévère, le risque de coma lié à une hyperglycémie étant plus rare. Il faut toutefois garder à l’esprit les effets nocifs d’une hyperglycémie élevée et prolongée dans le temps sur l’appareil cardio-vasculaire (augmentation du risque d’accident coronarien et d’AVC). C’est une des raisons qui  impose à un patient diabétique une évaluation du risque coronarien avant d’entreprendre un voyage, le risque hyperglycémique se surajoutant au risque hypoxique. Cette évaluation est d’autant plus nécessaire que le futur voyageur est indemne de tout traitement à visée cardio-vasculaire.
 
Quel que soit le voyage envisagé, l’activité physique, le rythme des repas, leur valeur calorique, la quantité de boissons absorbées varieront selon vos capacités et votre volonté. Elles seront aussi influencées par les conditions environnementales rencontrées, d’un avion ou d’un aéroport à l’autre. Il sera donc très difficile de maintenir un équilibre glucidique idéal basé sur le traitement insulinique habituel. Pour y parvenir vous devrez tenir compte des conseils suivants : CAT avant pendant et après le vol.
RECOMMANDATIONS COMMUNES aux DID (Diabétique Insulino-Dépendant) et DNID (Diabétique Non-Insulino-Dépendant)
 
Posséder sur soi une “carte” faisant mention de sa qualité de diabétique avec toutes les informations sur son traitement : nom du médicament, appellation en DCI, dosage, horaire des prises et date de prescription. La porter sur soi dans l’avion dans une poche accessible. (La poche arrière du pantalon est à éviter !)
 
Votre bagage à main doit contenir l’original de l’ordonnance traduite au mieux en anglais (nom du médicament et appellation DCI, dosage, horaire des prises) et au moins 72 h de traitement voire plus.
 
Il est conseillé de ne pas mettre en soute l’insuline prévue pour la durée de votre séjour compte tenu de la température qui y règne. Seule l’éventuelle présence d’animaux de compagnies transportés peut vous garantir une température acceptable. Une information qu’il est impossible de connaitre avant le décollage.
 
Une partie de la réserve de secours est à répartir entre vos différents bagages. Faites-vous délivrer par votre médecin traitant au moins deux ordonnances originales lisibles avec tampon officiel, date et signature.
 
Ne mégotez pas sur les quantités de matériels à emporter. Comptez un tiers de médicaments en plus. Il est toujours regrettable de devoir écourter son voyage en raison d’un d’approvisionnement insuffisant.
 
Visitez le site de l’Association Française des Diabétiques : http://www.afd.asso.fr/ pour vous documenter et obtenir les coordonnées d’un centre de soins ou de l’association dans le pays visité.
 
Emportez votre lecteur de glycémie dans votre bagage à main. Vérifiez l’état des piles. Vous devez pouvoir présenter l’ordonnance confirmant son utilisation et le transport des 5 lancettes. Se faire prescrire un contrôle glycémique avant l’embarquement traduit si possible en anglais. Il justifiera l’emploi de l’appareil et la présence nécessaire des lancettes.
 
Vérifiez la bonne marche de votre lecteur glycémique en le comparant à une glycémie faite au laboratoire au même moment.
 
Quelques minutes avant l’embarquement contrôlez votre glycémie. Une glycémie inférieure à vos chiffres habituels ou inférieure à 1 g  doit vous inciter à vous “resucrer” surtout si vous avez pris votre traitement. Vous ne pouvez connaître la durée de la phase de décollage. Garder toujours à portée de mains de quoi vous alimenter (sucre, briques de jus de fruit). Le coffre à bagages au-dessus de votre siège n’est pas à portée de mains !
 
Toutes les vaccinations sont permises et recommandées. La vaccination anti-tétanique est indispensable.
 
Vérifiez votre bon état bucco-dentaire.
 
Pensez à faire un bilan ophtalmologique avant le départ.
 
Vérifiez l’état de vos pieds et choisir des chaussures confortables et adaptées aux déplacements journaliers à venir. Au moins deux paires de chaussures sont nécessaires. Les alterner d’un jour à l’autre ou sur une journée permet d’éviter l’apparition de  blessures aux points de pression.
 
Prévenez toujours le responsable du groupe de voyage sur votre état de diabétique et en l’absence de celui-ci donnez l’information au moins à deux personnes. En cas de malaise, ils pourront ainsi renseigner les secours sur la nature probable de votre état.
 
Suivre un régime “diabétique” à l’étranger peut s’avérer difficile. Néanmoins n’oubliez pas qu’un fruit “exotique” reste un fruit et un féculent aussi, même à l’étranger ! Ne vous précipitez pas sur les buffets trop gras et trop salés.
 
L’hyperglycémie génère une sensation de soif. Or boire favorise la diurèse et par voie de conséquence la fuite d’ions indispensables à l’organisme. L’hyperglycémie peut donc se “traiter” par une diurèse forcée en augmentant ses apports hydriques. Préférer dans ce cas les eaux minéralisées gazeuses, riches en sodium (bicarbonates de sodium). L’eau plate apportant peu de sodium, une hyponatrémie peut s’installer source de complications (voir conseils à la page Insuffisance Cardiaque ).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PLAN retour Résumé
 
LE DIABÉTIQUE à l'AÉROPORT
Un guide existe pour les diabétiques devant prendre un avion au départ d'un aéroport. Lisez-le ! C'est un minimum...
 
DIABÈTE INSULINO-DÉPENDANT  (DID) et DÉCALAGE HORAIRE
Les conseils pratiques les plus classiques pour adapter son traitement en fonction du décalage horaire. En pratique le risque d'hypoglycémie étant le plus à craindre, un dépassement des objectifs est préférable pendant le vol à charge de veiller à maitriser à votre arrivée ce léger dérapage.
 
CONDUITE à TENIR AVANT, PENDANT et APRÈS le VOL
En voyage et en cas de décalage horaire l'élément clé du traitement insulinique  repose sur l'auto-surveillance glycémique et l'adaptation des chiffres à l'aide d'une insuline rapide en respectant les précautions d'usage. L’insuline “rapide” possède une durée d’action de 4 à 6 heures correspondant au délai moyen des décalages horaires et à ses multiples. L'improvisation n'est jamais de mise... Attention aux phases de décollage ou d'atterrissage...
 
DIABÈTE et OBJECTIFS THÉRAPEUTIQUES
Les objectifs thérapeutiques sont suffisamment précis. Ils doivent néanmoins être adaptés à chaque diabétique. Connaissez-vous les chiffres exacts ?
 
CONTRÔLE de l'HÉMOGLOBINE GLYQUÉE
Un principe : appliquer les mêmes règles au junior comme au senior. Mais à toute règle ses exceptions. L'ancienneté dans la maladie est un paramètre incontournable qui permet de fixer des objectifs compatibles à l'état de santé et aux comorbidités du diabétique concerné. Explications...
 
RECOMMANDATIONS COMMUNES
aux DID et DNID
De nombreux conseils bien utiles pour préparer son voyage. Visitez le site de l’Association Française des Diabétiques pour vous documenter :  http://www.afd.asso.fr/
Garder toujours à portée de mains de quoi vous alimenter (sucre, briques de jus de fruit). Le coffre à bagages au-dessus de votre siège n’est pas à portée de mains !
 
RECOMMANDATIONS SPÉCIFIQUES aux DID
En cas de complication lors des contrôles de sécurité, rapprochez-vous du service médical de l’aéroport ou du responsable au sol de la compagnie aérienne en vue de confier votre matériel et médicaments au personnel de bord.
Pour les porteurs de pompe à insuline, demandez un contrôle manuel pour éviter le passage sous le portique ou à l'intérieur d'un scanner corporel. Si le contrôle se fait à l’aide d’un détecteur manuel vérifier qu’il n’y a pas eu déprogrammation de votre pompe.
 
RECOMMANDATIONS SPÉCIFIQUES aux DNID
Concernent seulement les sulfamides hypoglycémiants.
 
DIABÈTE et DERNIÈRES PRÉCAUTIONS
Que faire en cas de perte de  traitement ? Il suffit de se procurer de l'insuline rapide...
 
LES INDISPENSABLES
Ils sont aux nombre de Trois. Les connaissez-vous ? ... G pour glucagon I pour insuline et S pour sucre.
 
DIABÈTE et LIPIDE RECOMMANDATIONS AFSSAPS (Mars 2005)
Des objectifs qu'il n'est pas toujours facile de suivre ou de faire respecter ... surtout avant un départ en voyage et pendant le séjour....
 
DIABÈTE et CONTRÔLE LIPIDIQUE
L’arrêt du tabac et le contrôle de l’hypertension artérielle et de l’hypercholestérolémie doivent faire parti de vos objectifs... L'ischémie silencieuse aussi...
 
CONCLUSION
La logistique du voyage doit être connue. Il faut pouvoir anticiper sur la durée des escales et d’éventuels retards. Il n'est jamais inutile de consulter son médecin traitant.
DIABÈTE et AVION   
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